Qui est votre animal : un être si différent de vous?

Tout sur mon animal - 8 minutes de lecture

Qui est votre animal : un être si différent de vous?

Dr Cécile Jean
Dr Cécile Jean Vétérinaire

L’animal : cet être vivant si familier, et pourtant si méconnu

Voilà un sujet bien bateau à première vue, et pourtant… 

Je suis certaine que la grande majorité des personnes qui partagent leur vie avec un animal s’est déjà interrogée sur la nature profonde de cet être vivant qui les accompagne. 

Pour vous aider à y répondre, je vais tenter de vous apporter un angle de vue éclairé, fruit de mon expérience en tant qu’individu ayant une longue et belle histoire complice avec le règne animal mais également en tant que professionnelle de leur santé et de leur bien-être.

Golden heureux

Un animal sous l'angle biologique 

Un être vivant est considéré comme tel s’il est composé de cellules, réalise des échanges avec son milieu, est capable de se reproduire, passe par un cycle incluant la naissance, la croissance et la mort, et réagit à des stimulis. A ce titre, chiens, chats, chevaux poules, fourmis, corbeaux, chêne, ortie, champignons, bactéries… et humains y sont inclus. 

Pour n’oublier personne, il est important de préciser que des scientifiques se sont intéressés au règne minéral sous cet angle du vivant et ont pu faire l’expérience sur certains qu’ils bougeaient, croissaient, et se multipliaient. De ce fait, ils rejoignent la grande famille du vivant !

On s’éloigne certes un peu de nos compagnons à poils, mais il est important de restituer les choses, et de prendre conscience de nos croyances limitantes, pour partir sur de bonnes bases. 

Le vivant est partout autour de nous !

Champignon foret


Mais finalement qu’est-ce qui différencie un animal d’un végétal ?

On pourrait penser à des caractéristiques telles que leur source d’énergie (les plantes utilisent le C02 alors qu’un animal ingère de la matière organique) ou leur mobilité (le végétal étant fixé au sol par des racines contrairement à l’animal) ou encore sur une notion de croissance (limitée chez l’animal, et qui dure toute la vie du végétal). 

Ceci est le plus souvent vrai, mais il existe des exceptions notables : les plantes carnivores et certaines algues sont mobiles… La seule donnée biologique qui différencie tout végétal de tout animal est une différence au niveau de la structure de la cellule ! 

Finalement pas grand-chose non ?

Revenons-en à nous autres humains. Est-il nécessaire de rappeler que nous appartenons au règne animal ? 

Donc, d’un point de vue scientifique voire biologique, nous avons énormément de points communs avec un singe certes, mais aussi un chat, ou un porc ! Je caricature légèrement mais pas tant que ça… 

Les dentistes le savent bien, puisqu’ils font régulièrement des greffes de cellules de porc pour certaines pathologies gingivales… 

chat plantes

Alors oui, l’être humain est un animal, mais comme cette classification sort de la tête d’imminents spécialistes humains, il a bien fallu qu’on soit placé en haut de l’échelle ! 

Quelle est notre supériorité aux yeux de certains ? Cette particularité communément admise comme le propre de l’Homme est la conscience de nous-même, de notre propre existence. 

La conscience de soi, c’est le fameux « Je pense donc je suis » de Descartes. C’est cette capacité à prendre du recul sur sa propre existence, à s’élever au-dessus d’elle pour pouvoir finalement l’observer. C’est cette conscience de nous-même qui nous permet de penser. 

Avoir conscience de soi implique aussi d’avoir conscience de soi dans son lien à l’autre, et au monde qui l’entoure. 

Mais si vous faites attention au choix des mots, il est souvent écrit : « Il est communément admis que la conscience est le propre de l’Homme », ce qui finalement nous dit que rien ne nous le prouve…

Voici ce qui a été communément admis pendant très longtemps et pour certains encore aujourd'hui :

  • Les animaux se distinguent des végétaux par la structure de leur cellule, même s’il est admis des différences notables au niveau de leur source d’énergie et de leur capacité à se mouvoir. 
  • L’être humain est un animal dont la particularité est sa conscience de soi.

Un animal sous l'angle holistique

Ouvrons la discussion à présent.

J’aimerais vous apporter un autre angle de vue ici. Libre à vous d’y adhérer ou pas, mais ça sera au moins le support à une réflexion.

Pour moi, nous sommes tous des co-vivants, nous vivons tous sur la même planète, nos ressources sont communes, nos vies sont très clairement interdépendantes

Quelques exemples en vrac pour illustrer cela… Sans arbres, il n’y aurait plus d’oxygène, mais un surplus de gaz carbonique rendant toute vie animale et, a fortiori, humaine sur terre impossible.

Arbre holistique

Sans vers de terre, les sols seraient « morts », donc il serait impossible aux végétaux de s’y développer, végétaux qui eux-mêmes nourrissent nombre d’animaux herbivores qui disparaitraient du même coup et, avec eux, la nourriture de tous les carnivores ! 

Tout le monde connait également le rôle pollinisateur des abeilles…

En partant de cet angle d’observation basé sur la Vie, nous nous retrouvons sur un plan d’égalité voire même en bas de l’échelle de la vie

Un vers de terre, un chêne, ou une abeille se passera très facilement de notre présence, comme celles de tous les carnivores sur Terre, mais nous sans eux… rien n’est moins sur !  

Cet aparté fait, revenons à cette notion de conscience qui place l’Homme au-dessus dans la vision scientifique. 

Prenons du recul sur ce point, et revenons à la définition explorée un peu plus haut. La conscience se définit comme la présence constante et immédiate de soi à soi. Désolée d’insister sur le côté très théorique, mais ça permet d’être plus clair. 

En gros, c’est cette idée qu’on a bien conscience de notre corps, de notre présence physique, de nos actes et de nos pensées et, par voie de conséquences, des implications que notre présence physique, nos actes et nos pensées peuvent avoir sur le monde extérieur. 

Vaste programme !

Meditation

Hmm… Je ne crois pas prendre beaucoup de risques en disant : 

1) c’est loin d’être le cas de tous les humains, 

2) c‘est méconnaitre le monde animal pour imaginer qu’ils ne soient pas dans cette présence-là.

Mon expérience autant personnelle que professionnelle ne me laisse plus aucun doute sur l’existence d’une conscience animale. Certes, la qualité de cette conscience est différente de la conscience humaine. 

Elle est également variable d’une espèce animale à l’autre ou d’un individu à l’autre au sein d’une même espèce mais j’aurais presque envie de dire, chez l’être humain également… 

J'observe par exemple régulièrement chez les chiens hyperactifs, un grand déficit dans leur conscience de leur corps, les rendant par la force des choses, très bruts, voire même dangereux malgré eux. 

Comme ils n'ont pas bien conscience de la place qu'ils prennent, ils ont plus de difficultés à vous éviter ou à éviter une baie vitrée !

Un autre exemple, qu'on nous relate fréquemment en consultation (si on y fait attention), la chatte, sujette aux cystites, va faire pipi dans la baignoire uniquement quand elle est en crise comme pour mettre en évidence la présence d'un problème dont il faut que l'humain s'occupe. 

C'est la preuve s'il en est de sa conscience d'interaction avec les humains de la famille. 

Ou encore, un toucher ostéopathique sera vécu différemment par l'animal, selon le niveau de conscience de son corps, de sa facilité à être en lien, et de ses expériences relationnelles passées avec l'humain. 

Ebook chat

Quand la science valide...

Heureusement, pour les esprits septiques, ou prudents, les preuves arrivent ! 

Les scientifiques commencent à s’intéresser à la conscience animale.

Ils ont effectivement mis en évidence chez des animaux plusieurs facettes de la conscience, notamment celles mises en jeu dans le lien à l’autre. 

Tout d’abord les émotions, ils ont par exemple mis en évidence des comportements empathiques, ou des animaux calculateurs qui vont donner de mauvaises informations sciemment pour protéger une ressource. 

Ils ont également pu mettre en évidence chez certains oiseaux la conscience du temps : avec la présence d’une mémoire, ou la capacité à planifier un futur.  

Ils ont observé de nombreux comportements sociaux, et avec l’humain, mettant en évidence cette conscience d’eux-mêmes dans sa relation à l’autre. 

Et enfin, ils se sont intéressés à la métacognition, cette qualité permettant d’évaluer ses propres connaissances. 

Elle est présentée comme le niveau supérieur de la conscience réservé à l’Homme. Et bien des études ont permis de prouver que nous partagions cette qualité avec de nombreuses espèces : dauphins, singes, rongeurs, oiseaux…

Moineaux

Conclusion 

Oui vous pouvez, et vous devriez même regarder vos compagnons à poils et à plumes comme des êtres vivants à part entière avec une physiologie et des besoins qui leurs sont propres bien sur et bien différents des nôtres mais des êtres vivants avec une vie émotionnelle, une vie relationnelle et sociale. Oui !

Et, tout laisse penser qu’ils ont bien plus conscience du temps, et de la portée de leurs actes que la science l’a laissé croire jusque-là.

Il y aurait bien d’autres thèmes à aborder, une fois ces premiers repères posés, comme leur capacité à anticiper nos actions, à comprendre notre langage verbal, corporel ou énergétique, ou à se relier à nos émotions.

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